Une sécurité illusoire ne justifie pas la perte du choix individuel

Le 17 mai, le peuple suisse votera sur l’introduction généralisée des pièces d’identité biométriques. Selon les partisans de cet objet, il s’agirait de « s’adapter » aux accords de Schengen et « améliorer la sécurité » du passeport, en rendant sa falsification plus difficile. Pourtant, ni les supposés « problèmes de sécurité », ni la compatibilité avec les accords de Schengen ne justifient le projet liberticide du Conseil fédéral.

En ce qui concerne la sécurité, les passeports actuels respectent déjà des standards de sécurité extrêmement élevés et les passeports suisses sont reconnus comme étant parmi les plus malaisés à falsifier. Quant aux puces RFID, elles sont loin d’assurer une sécurité même minimale, comme l’ont montré divers expériences de nos voisins. En Allemagne par exemple, des hackers ont facilement pu accéder aux empreintes digitales d’un ministre et les ont publiés dans leur journal. Malheureusement, cette atteinte à la vie privée n’est pas un cas isolé car l’informatisation des données les rendent plus vulnérables aux attaques de pirates informatiques, qui utilisent ensuite leurs « trouvailles » à des fins criminelles, par exemple en volant l’identité d’une personne honnête dont les détails biométriques servent ensuite à créer un faux parfait ou presque. A ce titre, il faut aussi savoir que les appareils destinés à lire les données biométriques contenues dans les puces des passeports sont accessibles à tout un chacun sans trop de difficultés.

Quant aux accords de Schengen, ils n’exigent ni centralisation des données ni l’introduction d’une carte d’identité biométrique, tel que prévu par les partisans du tout-sécuritaire. Difficile dans ces conditions de comprendre pourquoi on s’entête à nous imposer une centralisation des données qui n’aura pour conséquence que de rendre encore plus vulnérables des données sensibles déjà peu sûres à cause de leur nature informatique. De plus, même en cas de non, la liberté de voyager restera intacte en permettant aux voyageurs désireux de se rendre dans les quelques pays exigeant des données biométriques (comme les USA) de faire une demande de visa. Les citoyens qui préféreraient le passeport biométrique aux complications administratives auraient bien entendu toujours la possibilité de demander un passeport biométrique. Pourquoi alors rendre obligatoire pour tous le passeport biométrique ? Sans parler de la disparition du service de délivrance des pièces d’identité dans la commune de domicile, l’augmentation du prix du passeport et surtout de l’obligation faite à chaque citoyen de livrer ses données biométriques à l’Etat, qui se fait de plus en plus inquisiteur et peu respectueux des libertés individuelles.

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